Medien und Krise: Informieren statt alarmieren!

(Les médias face à la crise : informer plutôt qu'alerter !)

 

(Quelle: Aliocha - Bloggerin des Vereins "Les bloggueurs associés"   | Montag 26. September 2011 um 12:01 Uhr)

 

« La finance est puissante parce qu’elle est riche, mais aussi et surtout parce qu’elle sait se rendre incompréhensible et donc intouchable, tant par les politiques que par les citoyens.
D’où l’importance capitale d’informer en ce domaine », rappelle notre blogueuse associée Aliocha, qui s'exécute en décryptant ici la machine à cash « THF », la spéculation sur les matières premières, les nouvelles normes comptables à vocation mondiale...


« On nous cache tout, on nous dit rien ».


Tel est, en substance, le message de Jean-Michel Aphatie dans son billet de jeudi.
L’apocalypse financière et économique mondiale se rapproche à la vitesse de la lumière, estime-t-il, et personne n’a le courage de dire la vérité aux français.


En clair, il faudrait que les politiques, cédant à la dinguerie des marchés financiers, truffent désormais leurs discours de mises en garde, de chiffres affolants et de prédictions de fin du monde.
J’exprime respectueusement mon désaccord.
S’il est bien un moment où il faut peser de tout le calme de la raison contre la folle volatilité des délires boursiers, c’est maintenant.
Les prophéties auto-réalisatrices des marchés

 

En réalité, si on ne nous dit rien, c’est qu’il n’y a rien à dire.


Contre la démence des prophéties auto-réalisatrices des marchés financiers (j’anticipe une catastrophe et par le fait même je la provoque) en passe d’entrainer les économies dans leur sillage, il n’y a rien d’autre à faire que de calmer le jeu dans les médias, pour éviter que le délire ne contamine le public, et de bosser avec acharnement dans les ministères pour trouver des solutions.


C’est ce que font en ce moment tous les gens pas assez chics ou trop occupés pour aller perdre leur temps à se raconter à la radio.
C’est pour ça que Jean-Michel Aphatie ne les connait pas.
Au-delà des discours convenus qui semblent lasser l’interviewer vedette lui-même, il y a les vrais enjeux qui méritent mieux que des hurlements de fin du monde.


Les graines de la prochaine crise sont déjà semées


Nous ne sommes même pas sortis de la crise actuelle que déjà la prochaine se profile, encore plus grave, à supposer que l’on survive à celle-ci d’ailleurs.
Vous détestez la folie des marchés financiers ?
Ce n’est rien à côté de ce qui se prépare.
Déjà 60% des transactions boursières sur le marché américain et 40% chez nous relèvent du trading haute fréquence, ou « THF » pour les intimes à moins que vous ne préfériez High frequency trading, du meilleur effet dans les dîners en ville.
C’est quoi, me direz-vous ?
Des automates programmés pour détecter d’infimes écarts de cours entre les différentes places de cotation et envoyer des millions d’ordres d’achat ou de vente pour en tirer profit.
Figurez-vous que tout ceci se calcule à la nanoseconde et dépend donc de la longueur du cable qui relie l’ordinateur de l’acteur de THF (quelques-unes de nos grandes banques françaises par exemple) à celui de l’entreprise de marché.
C’est ainsi que NYSE-Euronext héberge une quarantaine de co-locataires près de Londres, à quelques mètres de son ordinateur.
Le THF, c’est une vraie machine à cash pour ceux qui l’utilisent.
Mais c’est aussi une machine à krach comme l’a montré le flash crash du 6 mai 2010 à Wall Street.
Un truc économiquement inutile et dangereux qui échappe désormais à tout contrôle.
Les économistes, tous bords confondus, mettent en garde de manière unanime contre ce nouveau délire financier qui ne présente que des dangers et aucune utilité de quelque nature que ce soit, excepté pour la poignée de spéculateurs qui la pratiquent.
Les régulateurs boursiers avouent leur impuissance, tandis que Bruxelles, sous l’impulsion du français Michel Barnier (commissaire européen au marché intérieur) tente de réglementer l’activité (projet attendu avant la fin de l’année).


Les actions c’est fini, vive les matières premières !


Et puis il y a la spéculation sur les matières premières (blé, colza, pétrole, cacao etc.), et tous les financiers respectables qui vous racontent sans rire que certes, ça augmente le prix de la baguette, mais que le consommateur peut le supporter.
Chez nous, ça augmente le prix de la baguette, ailleurs, ça rime avec famine.
Je reçois un mail par jour m’invitant à une conférence de presse sur les avantages sonnants et trébuchants de la spéculation sur les matières premières, et je lis presque autant de déclarations officielles précisant que les méfaits de la spéculation dans ce domaine ne sont pas démontrés.
Convenez que c’est troublant.


L’économie vérolée par la finance


Oh ! je vous entends d’ici songer que la finance peut bien s’effondrer, il nous restera l’économie réelle.
Hélas, rien n’est moins sûr.
Les entreprises françaises, cotées ou pas, ont réalisé un bon premier semestre au dire des spécialistes, mais elles craignent désormais que les banques, emportées dans le tourbillon des marchés financiers, cessent à partir de maintenant de leur prêter de l’argent et les mènent donc à la faillite.
Même notre bonne vieille comptabilité est en passe de se laisser contaminer par les marchés.
Tout ça parce qu’une bande d’apprentis sorciers basés à Londres fabrique de nouvelles normes comptables à vocation mondiale (une sorte d’esperanto de la comptabilité) qui n’ont plus pour objet d’arrêter le patrimoine d’une entreprise à un instant « t » mais, tenez-vous bien, de prédire l’avenir.
Vous voyez dans quel état sont les marchés ?
Eh bien figurez-vous que ces règles comptables (IFRS) imposent d’évaluer presque tous les éléments du bilan à la valeur de marché, autrement appelée « juste valeur » par opposition à la valeur historique, en clair de refléter au jour près, voire d’anticiper sur la base de modèles mathématiques aussi incompréhensibles que douteux, la folie des traders pétés à la coke de Wall Street dans le bilan des entreprises.
N’est-ce pas que c’est génial comme idée ?
Pour l’instant, seules les sociétés cotées européennes y sont assujetties, mais on imagine déjà y soumettre les PME.
Et hop, tout le monde aligné sur les marchés financiers, mêmes les petites boites qui n’ont rien à voir avec ce cirque.


Ah, la petite phrase !

 

Ah, la petite phrase !
Ainsi, tandis que les gouvernements des grandes puissances tentent de dresser des barrages à coups de promesses d’accords internationaux et de législation, la finance aidée en cela par une petite bande de spécialistes ivres de leur foutue technique, concocte dans l’indifférence générale le prochain tsunami.
Ce qui devrait interpeler la presse.
Faut-il attendre, comme Jean-Michel Aphatie, qu’un politique crie « au feu » au risque d’ajouter à la panique, ou bien retrousser nos manches, surtout à l’aube des présidentielles, et apporter au public l’information nécessaire pour qu’il puisse dire en connaissance de cause : ça suffit !
La finance est puissante parce qu’elle est riche, mais aussi et surtout parce qu’elle sait se rendre incompréhensible et donc intouchable, tant par les politiques que par les citoyens.
D’où l’importance capitale d’informer en ce domaine.
Une consoeur de Causeur confie avec une  franchise déconcertante qu’en tant que journaliste politique, elle préfère comme tout le monde la petite phrase au débat de fond, surtout si ledit débat porte sur le sujet aride de la séparation de la banque de détail (la vôtre, la mienne, celle qui recueille nos économies pour les prêter aux entreprises qui nous emploient) et la banque d’investissement (celle qui spécule sur les marchés).
Ah bon ?
Comme tout le monde ?
Mais comme qui exactement ?
Il me semble que le public est tout à fait prêt à entrer dans le débat et je crois même qu’il n’attend que cela.
Il va falloir qu’on mette les mains dans le cambouis, confrères, ça commence même à devenir urgent.
Mais au fait, c’est notre boulot, non ?

 

Die Finanzwirtschaft hat Macht, weil sie reich ist, aber mehr noch, weil sie es versteht, sich hinter unverständlichem Kauderwelsch zu verschanzen. Demzufolge ist sie unantastbar, sowohl für Politiker wie auch für Bürgerinnen und Bürger. Deshalb ist es so wichtig in diesem Bereich zu informieren, meint unsere Bloggerin Aliocha, aus dem Verein Les Bloggueurs associés*. Sie hat es sich zur Aufgabe gemacht, die Geldmaschine, den Hochfrequenzhandel, zu entschlüsseln, um die Folgen der Spekulation auf Rohstoffe und die neuen Formen der internationalen Buchhaltungsnormen  besser zu verstehen.

„Alles wird uns verheimlicht, nichts wird uns gesagt.“ So könnte man die Botschaft von Jean-Michel Aphatie in seinem Schreiben vom Donnerstag auf einen Punkt bringen.  Der finanzielle und wirtschaftliche Weltuntergang rast in Lichtgeschwindigkeit auf uns zu, meint er, und keiner hat den Mut, den Franzosen reinen Wein einzuschenken.

Im Klartext: Politiker, die den Schwachsinn der Finanzmärkte nachgeben, bespicken Ihre Reden jetzt mit Warnungen, haarstreubende Zahlen und sagen den Weltuntergang voraus. Bei allem Respekt kann  ich dem nicht zustimmen. Es sollte gerade jetzt, inmitten der Hysterie an den Börsen, besonnen und nüchtern Überlegungen angestellt werden.

Die selbsterfüllende Prophezeiung der Märkte

Die Wahrheit sieht doch so aus: Wenn man uns nichts sagt, dann gibt es auch nichts zu sagen. Gegen  die wahnwitzigen Selbstprophezeiungen gibt es nur ein Mittel: Die Medien müssen wieder Ruhe ins Spiel bringen, damit die Öffentlichkeit nicht auch noch von diesem Wahnsinn angesteckt wird. (Denn Wer eine Katastrophe voraussieht, führt sie meist selbst mit herbei.) Ganze Wirtschaftszweige werden mit hineingezogen. Die Ministerien müssten jetzt mit Eifer daran arbeiten, Lösungen zu finden.

Das tun momentan alle diejenigen, die nicht wirklich gefragt sind oder die zu beschäftigt damit sind, sich im Radio Luft zu machen. Deshalb kennt Jean-Michel Aphatie diese Leute nicht. Jenseits der hoffärtigen Parolen, die selbst den Interviewer schon langsam anödet, stehen wirkliche Werte auf den Spiel. Diese gilt es hervorzuheben, anstelle immer nur über herannahende Ende der Welt zu jammern.

Die Saat der nächsten Krise ist schon ausgesät

Kaum sind wir aus der aktuellen Krise herausgekommen, schon zeichnet sich die nächste ab – nur noch schlimmer, vorausgesetzt wir überleben die jetzige. Ihnen steht der Wahnsinn der Finanzmärkte bis zum Hals? Dabei ist das Gröbste noch gar nicht ausgestanden. Bereits 60 % des Börsenhandels in Amerika und 40 % in Frankreich gehören zum Hochfrequenzhandel (für die Insider „HFT “, es sei denn Sie ziehen das neudeutsche High Frequency Trading vor, um beim Abendessen in einem vornehmen Restaurant besser Eindruck zu schinden.

Worum geht es dabei? Programmierte Automaten erkennen winzige Abweichungen der Kurse am Markt, darauf basieren Millionen von Kauf- oder Verkaufsorders, aus denen Profit geschlagen wird.  Und das alles in Nanosekunden. Es hängt also nur von der Kabellänge zwischen dem Rechner des HFT-Händlers (darunter französische Großbanken) und dem Rechner des Marktunternehmens ab.

So werden von NYSE-Euronext an die vierzig Mitbewohner in der Nähe von London untergebracht, nur wenige Meter von seinem Computer entfernt. Der Hochfrequenzhandel ist für den Benutzer eine wahre Geldmaschine. Er kann aber auch eine Crash-Maschine sein, wie es sich beim Blitz-Crash am 6. Mai 2010 an der Wall Street gzeigt hat.

Ein wirtschaftlich nutzloses Zeug und gefährlich obendrein, noch dazu entwischt er seither jeglicher Kontrolle. Wirtschaftsexperten jeder Couleur warnen einstimmig vor diesen neuen monströsen Finanzinstrument. Es verbirgt nur Gefahren und bringt nicht den geringsten wirtschaftlichen Nutzen, außer für die paar Spekulanten, die man an der Hand abzählen kann. Die Börsenwächter zeigen sich machtlos, während Brüssel, unter Initiative des Franzosen Michel Barnier (Kommissar für Binnenmarkt und Dienstleistungen der EU) versucht den Börsenhandel reglementieren will (Gesetzvorlage voraussichtlich Ende dieses Jahres).

Aktien sind von gestern, Rohstoffe sind jetzt gefragt!

Da wären noch die Spekulationen auf Rohstoffe und Lebensmittel  (Weizen, Raps, Erdöl, Kakao usw.), wo uns doch die ehrenwerten Finzanzexperten allen Ernstes weiß machen wollen, dass diese Spekulation die Preise der Lebensmittel zwar nach oben treibt, aber der Verbraucher das auf jeden Fall problemlos wegstecken könnte. Bei uns macht das die Baguette teuer, woanders bedeutet das Hungersnot. Es vergeht kein Tag, an dem mich eine Mail zur Pressekonferenz einlädt, bei der es um  den Goldesel – die  verheißungsvollen Spekulationen auf Rohstoffe geht. Und genauso viel schlägt man mir offizielle Erklärungen um die Ohren, dass die Nachteile dieser Art von Spekulationen nicht erwiesen seien.   Finden Sie das nicht auch beunruhigend?


Die von der Finanzindustrie verseuchte Wirtschaft

Ich höre Sie schon beschwichtigend sagen: Wenn die Finanzindustrie einbricht, geht davon die Realwirtschaft nicht unter. Wenn das nur so sicher wäre! Französische Unternehmen, ganz gleich ob an der Börse notiert oder nicht, haben ein erfolgreiches Halbjahr hinter sich, wenn man den Experten Glauben schenken darf. Aber sie befürchten schon, dass sie von den Banken bald keine Kredite mehr bekommen werden, da die Banken doch selbst in den Strudel der Finanzkrise hineingeraten sind. Das wäre das Aus vieler Unternehmen.

Selbst unser gutes altes Buchaltungsverfahren hat sich von den Finanzmärkten verseuchen lassen.  Nur weil ein paar Anfänger aus der Teufelsküche  des Finanzmarkts in London neue Buchaltungsnormen ausgesponnen haben (eine Art Esperanto der Buchhaltung), die überall in der Welt gelten sollen. Bei diesen Normen geht es nicht mehr darum, das Vermögen eines Unternehmens an einem bestimmten Tag x zu ermitteln, sondern – halten Sie sich fest – die Zukunft vorherzusagen.

Erkennen Sie nun auch langsam, wohin das ganze führt? Das muss man sich einmal vorstellen: Diese neuen Buchhaltungsregeln (IFRS) schreiben vor, nahezu alle Elemente der Bilanz zum Marktwert zu ermitteln, auch geläufig unter den Namen „Fair Value“ (beizulegender Zeitwert) statt den historischen Wert zu nehmen. Um es deutlich zu machen: In der Bilanz sollen Werte widergespiegelt, ja sogar vorhergesehen werden, die mathematischen Formeln zugrunde liegen, die genauso unverständlich wie zweifelhaft sind, Werte die von Traders,  zugedröhnt mit Koks, ausgerechnet werden.

Eine geniale Idee! Bis jetzt unterliegen nur die in Europa notierten Unternehmen diesen Regeln. Man kann sich aber schon denken wohin das führt, wenn auch die mittelständischen  diesen Regeln unterworfen werden. Und im Nu wären alle an den Finanzmarkt angekoppelt, selbst die kleinen Firmen, die mit diesen Zirkus gar nichts am Hut haben.

 

Ach! Da wären ja noch die schönen Schlagworte!


Während so die Regierungen der großen Mächte versuchen, Flutsperren zu errichten mit Säcken von Versprechungen internationaler Abkommen und Gesetzen, braut die Finanzwelt schon ganz ruhig das nächste Tsunami zusammen. Dabei wird ihr noch geholfen, und zwar von einer Horde Experten, die von ihren zum Scheitern verurteilten Strategien überzeugt sind.
Das müsste die Presse verdächtig vorkommen.
Sollten wir besser warten, wie Jean-Michel Aphatie, bis ein Politiker „Es brennt!“ ruft und so die Panik ausbrechen lässt, oder sollten wir nicht lieber die Ärmel hochkrempeln, besonders jetzt vor den Präsidentschaftswahlen, und die Öffentlichkeit aufklären, damit sie selbst mit gutem Wissen bestimmen können, wann es endlich reicht?  
Die Finanzwirtschaft hat Macht, weil sie reich ist, aber mehr noch, weil sie es versteht, sich unverständlich zu machen. Demzufolge ist sie unantastbar, sowohl für die Politiker wie auch für die Bürgerinnen und Bürger.
Deshalb ist es so wichtig, darüber richtig zu informieren.
Eine Kollegin aus dem Blog gab zu, dass sie  bei der bedeutsamen Debatte als Polit-Journalistin lieber wie alle anderen auch Schlagwörter vorzieht, besonders wenn es um das öde Thema der Trennung von Geschäftsbank   und Investment-Bank geht. Dabei ist es eben die Geschäftsbank, also Ihre und meine Bank, da wo wir unsere Sparguthaben aufbewahrt haben,  die uns Arbeit gibt, denn mit diesem Geld bekommen diese Unternehmen ihre Kredite.
Ach so?
„Wie alle anderen auch?“
Wer sind „alle diese anderen“ genau?
Mir scheint, die Öffentlichkeit hat da auch ein Wörtchen mitzureden, und meiner Meinung nach, wartet sie nur darauf.
So langsam ist es an der Zeit, sich die Hände schmutzig zu machen. Ja, es ist sogar aller höchste Zeit!


Aber liegt das nicht irgend wie auch an uns selbst?