Der Euro steht bereits auf Kippe

(Pour Sapir, nous sommes près de la fin de l'Euro)

 

(Quelle: Jacques Sapir - Tribune | Vendredi 23 Septembre 2011 à 15:01)

 

 

 

Jacques Sapir nous livre aujourd'hui le quatrième et dernier volet de son article sur la fin de l'euro, extrait de son nouveau livre qui paraîtra courant novembre.
L'auteur revient sur le tabou que constitue l'Euro, et dénonce l'attentisme dont ont fait preuve nos politiques, au moment où ils pouvaient encore redresser la situation.
Les interdits de la crise de l’Euro.


L’Euro, on l’a dit, est le dernier tabou d’une partie de la classe politique de droite comme de gauche.
À quoi donc peut-on attribuer ce phénomène et pourquoi une telle cécité en France ?


La monnaie unique concentre en elle des projets économiques, des projets politiques mais aussi des projets, ou plus exactement des représentations, symboliques.
Ce sont ces interrelations qui ont rendu le débat à la fois nécessaire et, si ce n’est impossible, à tout le moins extrêmement difficile.
Ceci explique aussi la violence des réactions, dès que l’on touche au principe de la monnaie unique.


Il y a, bien entendu, d’autres raisons qui sont moins avouables et moins présentables.

Nombreux sont ceux qui ont chanté sur tous les tons les louanges de la monnaie unique, parfois avec des arguments qui étaient parfaitement recevables, mais parfois aussi avec des arguments qui relèvent plus de ce que l’on appelle la « littérature (ou de l’argumentation) à l’estomac ».

L’engagement en faveur de la monnaie unique était tel, que tout débat signifiait une remise en cause, et toute remise en cause une perte de légitimité pour nos dirigeants mais aussi leurs conseillers et autres économistes à gages.
Or, tous ces gens sont très attachés à cette légitimité, qu’elle soit politique ou médiatique !


Dans le refus de discuter sur la place publique de la crise de l’Euro, il faut aussi voir la peur panique de perdre des positions sociales et des privilèges.

Que deviendraient en effet tous ces professionnels de l’euro-Business s’ils devaient admettre qu’ils se sont trompés ?


De très mauvaises raisons expliquent aussi la violence des réactions.
Le fait que le Front National se soit lancé dans la contestation de l’Euro a été invoqué pour tenter de discréditer le débat sur l’Euro.
Parler contre l’Euro équivaudrait à reprendre la totalité des thèses du Front National.

Mais ceci est un bien faible argument, et Frédéric Lordon a récemment fait litière de telles allégations (1).

 

Étant un des auteurs régulièrement cités par le Front National, je voudrais à mon tour revenir sur cette question.
Tout d’abord, un auteur n’est en rien responsable de ses lecteurs.
Le fait de publier un texte, sur papier ou sur internet, revient à abandonner tout contrôle sur comment et par qui peut-il être lu.
Seuls comptent les opinions, les idées et les concepts qui ont été exprimés dans ce texte, et je ne récuse ni ne renie aucun de ceux que j’ai pu rendre public depuis que je m’exprime sur la question.
J’avoue de plus qu’à tout prendre, je préfère que les militants du Front National lisent du Gréau, du Lordon ou du Sapir plutôt que du Drumont ou du Gobineau.


Ensuite, la méthode utilisée par nos contradicteurs soulève un problème de fond.
On ne saurait prétendre qu’une idée, une notion ou un concept soit discrédité parce que certains, dont on ne partage pas les idées politiques, s’en réclament aussi.
Par temps de pluie, devrions-nous prétendre contre toute évidence que le soleil brille uniquement parce que tel ou telle, dont on ne partage pas les idées, a dit qu’il pleuvait ?
Il faut rappeler ici qu’idées, notions et concepts ne sont pas brevetables.
Ils appartiennent à tous et donc à personne.


La méthode de nos contradicteurs révèle ici l’extraordinaire faiblesse de leurs positions.


Comprendre l’Euro pour mieux appréhender les enjeux de sa crise.


Les interrelations entre l’économique, le politique et le symbolique constituent ainsi l’objet central de ce livre.


Il entend déconstruire au préalable ces interrelations, séparer l’économique du politique, le politique du symbolique.
Il entend aussi tirer les conclusions qui découlent de cette déconstruction et de ce que l’on a appelé un « retour à la raison ».
Les miennes ont évolué avec la crise et devant l’incapacité congénitale des gouvernants et des institutions de la zone Euro à réagir et à anticiper.

 

Ma position initiale était de défendre le principe d’une monnaie commune et non unique.
J’appelais dans mon livre puis mon article de 2006 (2) au passage de la seconde vers la première parce que j’anticipais les problèmes qui surgiraient au premier choc d’importance que connaîtrait la zone Euro.
Le débat fut enterré avant même de commencer.
La crise cependant accélère le rythme des décisions.
On connaît la formule :
« le temps nous mord la nuque ».
Chaque opportunité aujourd’hui perdue restreint dramatiquement le choix des futurs qui restent encore possibles.
Les solutions raisonnablement envisageables à l’été 2009, avant que n’éclate de manière ouverte la crise Grecque, sont devenues de plus en plus irréalistes, voire caduques.
L’accélération de la dynamique de la crise imposera des ruptures radicales.
Cette dernière est aussi le produit, et il faut s’en souvenir, de l’inaction et de la pusillanimité des femmes et des hommes qui composent la classe politique en Europe.
L’histoire retiendra que l’Euro sans doute est mort de la main de ceux-là même qui prétendaient le défendre.

Zu dieser Überzeugung ist auf jeden Fall Jacques Sapir in seinem vierten und letzten Artikel über das Ende des Euros gelangt. Darin kritisiert er das Tabu um den Euro und die Hinhaltepolitik der Regierung, gerade jetzt, wo das Ruder noch herumgerissen werden könnte:
Die Tabus über die Eurokrise.


Über den Euro wurde also sowohl auf linker wie rechter Seite das Schweigeverbot verhängt. Worauf ist dieses Phänomen und so eine Borniertheit in Frankreich zurückzuführen?


Die Einheitswährung vereint in sich nicht nur wirtschaftliche und politische Interessen, sondern steht auch für einen symbolischen Wert. Dieses Interessengeflecht hat den Diskurs notwendig gemacht und, wenn nicht ganz und gar unmöglich, ist er zumindest äußerst schwierig. So lassen eben heftige Reaktionen nicht auf sich warten, sobald an den Grundsätzen der Währungsunion gerüttelt wird.


Aber es verbergen sich auch weniger ehrenhafte Beweggründe dahinter, die es besser zu vertuschen gilt. Eine ganze Schar bejubelten in höchsten Tönen die Vorteile der Währungsunion, manchmal sogar mit durchaus stichhaltigen Argumenten. Indes gesellten sich andere – vom Bauchgefühl geleitete – Argumente hinzu. Das Fieber für eine einheitliche Währung brannte mit solcher Leidenschaft, dass jeglicher Diskurs einer Infragesetellung des Euros gleichkam und eine solche Infragestellung die Glaubwürdigkeit der Politiker, aber auch deren Berater und Wirtschaftsexperten untergrub. Nun liegt ihnen aber eben diese Glaubwürdigkeit an den Herzen, sei es in der Politik oder in den Medien!


Die Verweigerung, sich über die Eurokrise  dem öffentlichen Diskurs zu stellen, liegt wohl auch an der panischen Angst vor dem sozialen Abstieg und den Verlust aller Privilegien. Was würde wohl mit all den Fachleuten aus dem Euro-Geschäft geschehen, wenn sie zugeben müssten, sich geirrt zu haben?
Unvernunft ist oft Quelle der übermäßig heftigen Reaktionen.


Die reaktionäre Haltung der Front National gegen den Euro wird oft mit der nüchternen und seriösen Debatte über den Euro in einen Topf geworfen, um sie zu diskreditieren. Wer gegen den Euro spricht, nimmt sich also der gesamten Leitpolitik der Front National an. Ein wahrlich dürftiges Argument und Frédéric Lordon wies kürzlich solche Behauptungen von sich (1).

 


Da ich aber zu einen der Autoren gehöre, die gern von der Front National zitiert werden, möchte ich meinerseits nur auf einige Fragen eingehen. Zunächst kann der Autor für die Leser nicht verantwortlich gemacht werden. Wird ein Text veröffentlicht, sei es in Papierform oder über das Internet, verliert er jegliche Kontrolle darüber, wie und von wem sein Text gelesen wird. Es zählen allein die Meinungen, Gedanken und Vorstellungen, die im Text zum Ausdruck kommen. Deshalb stehe ich auch zu diesen Texten, die ich seitdem zu diesem Thema veröffentlicht habe. Letztenendes ist es mir lieber, die Anhänger der Front National  lesen Gréau, Lordon oder Sapir, als Drumont oder Gobineau.

 

Außerdem weist die Taktik unserer Widersacher auf ein fundamentales Problem hin. Es darf nicht sein, dass ein Gedanke, eine Meinung oder eine Vorstellung in Verruf gebracht wird, weil bestimmte Kreise, deren politischen Ansichten man nicht teilt, sich dieser ebenfalls annehmen. Oder sind wir schon soweit, wo wir bei herrlichsten Sonnenschein so tun müssen, als regne es in Strömen, nur weil der eine oder andere, dessen Ansichten man nicht teilt, ebenfalls das schöne Wetter bekundet?  

Gedanken, Auffassungen und Vorstellungen sind schließlich nicht patentierbar. Sie gehören jeden und niemanden.


Die Taktik unserer Widersacher zeigt, in welch delikaten Situation sie sich befinden.

Wer den Euro  versteht, kann auch besser die Gefahren voraussehen, wenn er in der Krise steckt.


Das Zusammenspiel zwischen Wirtschaft, Politik und Symbolik ist daher zentraler Schwerpunkt dieses Buches.

 

Geschickt wird vornherein dieses Interessengeflecht Wirtschaft, Politik und Symbolik offengelegt und in seinen einzelnen Facetten näher betrachtet.
Es zieht auch Schlussfolgerungen aus dieser Entflechtung und mahnt zur „Rückkehr zur Vernunft“. Meine Meinungen haben sich im Zuge der Krise weiterentwickelt, und angesichts der innewohnenden Unfähigkeit der Regierungen und Institutionen aus der Eurozone, auf diese zu reagieren und diese vorauszusehen, fühle ich mich in meiner Auffassung weiter bestärkt.

 

Meine Schussfolgerungen haben sich im Zuge der Krise bestätigt, und angesichts der innewohnenden Unfähigkeit der Regierungen und Institutionen aus der Eurozone, auf diese zu reagieren und diese vorauszusehen, fühle ich mich in meiner Auffassung weiter bestärkt.
Anfangs war ich für eine gemeinsame und nicht für eine einheitliche Währung.
In meinem Buch und später  in meinem Artikel im Jahre 2006 (2) forderte ich den Übergang von der einheitlichen hin zur gemeinsamen Währung. Denn die Folgen waren im Fall einer ersten großen Krise in der Eurozone vorhersehbar.
Die Debatte verlief im Sand, ehe sie Gehör fand.
Die Krise hingegen beschleunigt die Interalle der Entscheidungen.
Wir kennen es in und auswendig:
„Die Zeit sitzt und im Nacken.“
Jede versäumte Möglichkeit heute, verringert die Optionen für morgen.
Die noch im Jahre 2009 brauchbaren Lösungen, bevor Griechenland in die Krise stürzte, finden schon keine Anwendung mehr, denn sie sind schon längst überholt.
Die beschleunigte Dynamik der Krise haben immer gravierende  Störungen zur Folge.
Denn es sei daran erinnert, dass die letzte Krise schließlich an der Untätigkeit und ängstlichen Zurückhaltung der Frau und Herren Politiker in Europa lag.
Zweifelsohne wird bald die Geschichte davon erzählen, wie das Grab des Euros von denjenigen geschaufelt wurde, die vorgaben ihn zu retten.